lundi 30 mars 2009

2009 Année noire


2009 UNE ANNEE NOIRE POUR QUI ?

2009, année noire, année de toutes les misères c'est le constat que tous les salariés d'ArcelorMittal peuvent faire. La crise frappe de plein fouet la sidérurgie avec :
  • son volant d'annonces de mauvaises nouvelles industrielles et économiques,
  • l’imposition de CP et de RTT,
  • la mise en place du chômage partiel,
  • les suppressions massives d'emplois au travers d’un soi-disant "plan de départs volontaires",
  • la fin des contrats CDD et intérim,
  • et, cerise sur le gâteau, zéro augmentation salariale.

Pourtant le groupe affiche des résultats, au titre de l'année 2008, plus que confortables et il distribue des milliards d'euros à ses actionnaires ! La CFDT, ainsi que les autres O.S, devant ces injustices et ces provocations ont interpellé la Direction afin de revoir la politique salariale pour 2009.

RENCONTRE AVEC LA RH

Jean Pierre Masy a donc reçu les 5 OS le 20 mars.
Avant d’aborder les salaires, il a :
  • parlé de l'impact de la crise mondiale sur l'économie du pays et de l'industrie en France,
  • brossé un tableau plus que noir de la situation économique du groupe ArcelorMittal,
  • particulièrement insisté sur la chute des commandes qui s'amplifie de jour en jour.

La CFDT a fermement dénoncé cet exposé qui met tout sur le dos de la crise. Si le monde subit ce séisme économique c'est bien à cause des financiers qui ont joué aux apprentis sorciers. Ce sont eux qui, en voulant toujours gagner plus, ont tué la poule aux œufs d'or. Le vrai problème est qu'aujourd'hui les salariés se prennent les retours de bâton en pleine "gueule" !

Qui a acheté à tour de bras des dizaines et des dizaines d'entreprises ?

Quel est l’irresponsable qui a endetté de plusieurs milliards de $ le groupe qui se portait plutôt bien ?

Ce ne sont pas les salariés, c'est bien L. Mittal et maintenant c'est bien facile d’en faire supporter le poids au personnel du groupe. Voilà le discours tenu par la CFDT lors de cette réunion.

Après une longue passe d'armes, la Direction est enfin venue sur les salaires et a confirmé la position du groupe sur la politique salariale 2009, à savoir : zéro Augmentation Générale, zéro Augmentation Individuelle !

La seule nouvelle positive est la communication des résultats de la Participation au titre des bénéfices de l'année 2008. Même s'il est vrai que les sommes perçues par le personnel ne sont pas négligeables, il n'en reste pas moins vrai que ce n'est qu’une "prime ponctuelle" qui ne garantira ni notre pouvoir d'achat ni notre progression de salaire.

ORGANISER LA RIPOSTE
Les deux grosses mobilisations des 29 janvier et 19 mars ont mis des milliers de salariés dans les rues. Tous tenaient à revendiquer plus de justice sociale et une meilleure répartition des richesses. Les salariés de toutes les entreprises d'ArcelorMittal se sont investis en nombre dans ces manifestations. On a même vu des personnes participer à des manifestations nationales pour la première fois de leur vie, c'est dire le ras le bol général. Nicolas Sarkozy, minimisant l'intensité du mécontentement, s'est contenté de "mesurettes" qui ne relanceront certainement pas l'économie et par la-même n’a pas rassuré les salariés.

Face à l’intransigeance de la direction, les Syndicats d'ArcelorMittal, ont décidé unanimement de ne plus assister aux réunions des Instances Représentatives du Personnel afin de démontrer que le dialogue social du groupe était bloqué.

Nous avons également appelé à la mobilisation dans les sites, les salariés doivent afficher, par des actions ponctuelles, leurs désaccords avec la politique salariale du groupe.

LA SITUATION DE L’EMPLOI SE DEGRADE
Plus les mois passent, plus l'horizon s'assombrit.

En effet, fin 2008, alors que les patrons prévoyaient un premier trimestre 2009 morose au niveau de l’activité industrielle et de la charge des outils, ils étaient plutôt optimistes pour le deuxième trimestre.

Force est de constater une fois de plus qu’ils se sont lamentablement plantés et que la situation, loin de s'améliorer, se dégrade chaque jour un peu plus.

Des nouvelles périodes de chômage sont annoncées dans les CE pour le second trimestre. L'ensemble des organisations syndicales est intervenu lors de la rencontre du 20 mars pour demander au groupe de mettre en place une indemnisation plus forte des jours de chômage partiel afin de donner la possibilité aux salariés, à travers la consommation, de relancer l'économie. Aujourd’hui ils sont doublement pénalisés une première fois avec la politique salariale inexistante et une seconde fois par le chômage ! C’est INADMISSIBLE !

CONTINUER LA RIPOSTE
Globalement, on peut constater que le boycott des Institutions Représentatives du Personnel s'est plutôt bien déroulé et que dans certains sites la mobilisation du personnel a été forte et déterminée. Malheureusement, on ne peut que regretter la décision de la CFE/CGC qui, sans concertation, a rompu l'unité d'action au niveau national.

Pour autant, la CFDT défend l'idée de continuer la riposte partout où cela sera possible dans les usines, les ateliers, les bureaux et dans la plus large unité syndicale possible. Nous appelons également les salariés à se servir de la journée sécurité mondiale du 28 avril pour en faire une journée de défense de nos salaires.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Les "patrons" et autres "décideurs" ont la mémoire courte sachant que nombres d'entre eux ont été "libérés" assis sur un rail métallique, nus et couvert de plumes...! Serait-il bon de leur remémorer!?!
Un sympathisant voir +
Courage, vous n'êtes malheureusement malheureusement pas seul/anonyme parce que pas moyen de faire passer mon message sans quoi!?!

Armand a dit…

J'approche de la soixantaine, fils d'ouvrier sidérurgiste je suis né à Hayange et y ai vécu toute mon adolescence. J'en ai conservé une grande fierté.
Aujourd'hui je vis en Alsace et je viens de lire l'éditorial d'un grand journal local concernant Gandrange dont voici un extrait :
"On n'a pas le droit de jouer avec l'espoir. On n'a pas le droit d'être léger quand on parle d'emploi. Personne ne demande au gouvernement d'annoncer des miracles qui ne sont pas de son ressort !
Simplement de se battre, pied à pied, avec toutes les armes dont il dispose pour que la mondialisation - naturelle - de l'économie et des échanges
(c'est l'égalité de la planète qui en dépend) ne prenne pas son visage le plus sombre. Le plus violent."
Je souscris à ce qui est écris et je suis de tout coeur avec vous ... malgré un sentiment d'impuissance ... voire de "dérisoire" .