mardi 8 avril 2008

Sarkozy n'a pas réussi à faire changer d'avis Mittal

«Je n'ai pas réussi à faire changer d'avis M. Mittal... »

C'est par ces mots que Nicolas Sarkozy a accueilli à l'Elysée, hier, vers 17 h 15, les représentants syndicaux de l'usine de Gandrange (Moselle), condamnée à une fermeture partielle.


« Mais je ne me présente pas devant vous les mains vides », a ensuite poursuivi le président de la République avant de présenter en effet quelques « pistes d'avenir pour l'industrie en Lorraine ». Selon les syndicats, Nicolas Sarkozy a aussi annoncé qu'il se rendrait avec Lakshmi Mittal sur le site de Gandrange « dans deux mois » pour « graver ces engagements dans le marbre».

Combien d'emplois supprimés ? Le groupe ArcelorMittal n'est pas revenu sur sa décision de supprimer les 595 postes liés à l'arrêt de l'aciérie de Gandrange. Il est prévu de les reclasser ainsi : 200 sur le site voisin de Florange, autant au Luxembourg, le reste étant constitué de départs en préretraite.

Combien d'emplois créés à Gandrange ? Le groupe s'engage à créer 124 postes sur place... mais 20 étaient déjà acquis. Pourquoi supprimer des postes si c'est pour en créer d'autres ? Justement parce qu'il s'agit de tâches différentes, qui ne peuvent pas forcément être remplies par les mêmes salariés. Les 124 postes seront répartis entre l'actuel laminoir - qui doit faire l'objet d'investissements - et de nouvelles activités, comme les panneaux solaires, un centre de recherche, un site de transformation des barres... Pour les syndicats, « Ces 104 nouveaux postes sont absolument insuffisants ! Pour ne pas laisser sur le carreau les sous-traitants et les intérimaires, il aurait fallu en créer 700 ! »

Que va-t-il se passer à Florange ? Chantage au CO² ArcelorMittal a annoncé « le maintien de l'activité haut fourneau sur son site de Florange au-delà de 2012 ». Jusqu'à présent, le maintien en activité n'était garanti que jusqu'en 2012. Attention : cet engagement est conditionné à « la conjoncture économique » et à « l'obtention des certificats d'émission ».

Quelles garanties pour l'avenir industriel de la Lorraine ? ArcelorMittal va « étudier la possibilité de créer » un centre de formation en alternance, dont il emploierait les élèves. D'autre part, l'Etat et ArcelorMittal envisagent de lancer un fonds de capital-risque destiné à financer des PME innovantes.

Pourquoi Poweo entre dans le jeu ? Ce fournisseur d'électricité a annoncé qu'il envisageait la construction de deux centrales électriques, l'une à Gandrange, l'autre à Florange. Elles seraient alimentées à partir du gaz rejeté par les usines d'ArcelorMittal. Dans le meilleur des cas, le projet n'aboutira « pas avant deux ou trois ans », précise-t-on chez Poweo. Il créerait 80 emplois.

Qui met la main à la poche ? ArcelorMittal va investir entre 30 millions et 45 millions d'euros, l'Etat 10 millions d'euros, et Poweo, si son projet aboutit, au moins 500 millions d'euros.

Mathieu Deslandes - Le Parisien

6 commentaires:

Anonyme a dit…

On se contentera de ça. On parle aujourd'hui de fabuleux projets comme on a parlé jadis des schtroumpfs. On subit encore les restructurations des dernières décenies et Gandrange s'y rajoute. Les jeunes des filières industrielles ont du souci a se faire car les plus gros employeurs du coin mittal et psa ne les prendront pas. C'est avec beaucoup de peine que j'appréhende la fin de l'aciérie, quand elle ne fera plus de bruit, quand elle ne fumera plus et quand il n'en restera plus rien.
Merci aux syndicalistes de leur investissement.

Anonyme a dit…

Je viens d'apprendre que la CGT va aller au pénal pour des procédures CHSCT non respectés. Je n'y conait rien en termes juridiques, mais j'attend depuis 3mois quel sera mon sort, ou je vais attérir etc.. Je pense comme beaucoup de copains au TAB ue j'en ai assez chié. Alors faire durer uniquement pour faire la une des journeaux et enmerder la direction, ça suffit. Les travailleurs ont droit à plus de respect!

Anonyme a dit…

Les aciéristes dont j'en suis un, on ont ras le bol de toutes cette médiatisation. Nous l'avons démontrer ces deux dernières fois à la Pref et au Gésim en ne débrayant pas. Il est grand temps qu'onsache enfin ou on va aller. L a CGT qui remet ça seule au tribunal, je trouve cela en dessous de tout. Je crois comme beaucoup d'autres que les syndicats ont bien menés leurs boulots, mais stop à la connerie pour faire croire qu'il y a encore un espoir. Ou je vais me mettre à penser comme beaucoups de copains qu'elle a d'autres intérêts moins avouables!

Anonyme a dit…

moi meme etant militant CGT je ne suis pas d'accord avec leur procedure car les ouvriers en ont marre et ils sont peut etre comme moi presse de partir car l'avenir de l'acierie et du TAB est derriere nous

l'acieriste a dit…

ca y est !
vous commencez a faire le tri dans les post de ceux qui vous arrangent ou non selon qu'ils critiquent la cgt ou pas????je vous pensaient au dessus de ca!!

AM a dit…

La décision est maintenant réellement prise (je ne m'attendais pas à autre chose). J'ai vécu le même scénario en 2003, sauf que là j'ai été licencié, après 35 ans de bons et loyaux services, et jeté à la rue comme un malpropre. Aujoud'hui je me demande encore pourquoi alors que d'autres ont été reclassés. Bref c'est le passé, ce que je souhaite maintenant et pour tous ceux et celles qui vont se retrouver sans poste du fait de l'arrêt de leurs unités, c'est de retrouver un travail décent, digne des compétences de chacun, dans le Groupe (une OVR comme ils disent: offre valable de reclassement). C'est là qu'il faut que les syndicats se battent, et non en partant encore devant les trbunaux, pour que tous obtiennent le meilleur de ce qu'il y a à avoir (postes à pourvoir, primes, indemnités .........) et surtout que personne ne reste sur le carreau.