samedi 26 janvier 2008

1000 salariés de Gandrange et moi, et moi, et moi...




La 3ème grande manifestation des "Gandrange" aura été, elle aussi, une belle réussite. Plus de 800 personnes ont répondu présent à ce rendez-vous luxembourgeois.






Amassés devant le siège d'ArcelorMittal, des soutiens sont venus de toute part. Des amis sidérurgistes de Pologne, de Roumanie, d'Espagne, de Belgique, de Dunkerque, de Fos/Mer et évidemment une forte présence des collègues de l'OGBL et du LCGB, tous se sont sentis proches des préoccupations des "Gandrange". Par ailleurs, nous avons également reçu des messages de solidarité de l'UGT Espagnole, de Macédoine, de la FEM (Fédération Européenne de la Métallurgie), de la Confédération CFDT, etc. Les élus de la Vallée de l'Orne étaient encore là, le Parti Communiste Luxembourgeois et le Conseil Régional de Lorraine se sont aussi associés au rassemblement.






Cet élan de solidarité internationale en plus de la forte mobilisation des salariés ont contraint le Groupe ArcelorMittal à reculer. Bernard Fontana, DRH Groupe, a déclaré, à l'issue de la rencontre avec les syndicats, qu'il s'engageait à laisser le temps nécessaire à l'intersyndicale et à leurs experts de finaliser le contre-projet industriel et social alternatif. De plus, pendant la période d'examen du volet industriel, le plan social sera mis en suspend.






Pour nous c'est une première victoire. En effet, c'est la première exigence des salariés et des syndicats. Il nous fallait avoir le temps nécessaire pour démontrer la viabilité du site tout en écartant le plan social que voulait nous imposer la direction lors du CE du 16 janvier. Ce premier pas a été franchi. L'expert, nécessaire à finaliser notre projet, a été élu aujourd'hui même lors du CE (25/01/08) et le plan social a été reporté à une date ultérieure. Il faut maintenant transformer l'essai. Certes, la guerre n'est pas finie mais c'est une bataille de gagnée et ce, grâce à la forte mobilisation de toutes et tous.






Il faut continuer !






La prochaine étape, aussi importante que les autres, est la manifestation programmée le 9 février prochain dans la Vallée de l'Orne (les modalités restent encore à déterminer). Nous devrons démontrer, une fois de plus, la ferme détermination de toute une vallée, de toute une région à tout faire pour sauver le site de Gandrange. Ce message devra être entendu définitivement par L. Mittal et par le gouvernement français.




Car, comme beaucoup d'entre -vous, nous avons été choqués d'entendre de nouveau Christine Lagarde, Ministre de l'Economie, défendre le plan social présenté par ArcelorMittal.






En effet, au même moment où près d'un millier de manifestants se rendaient au Luxembourg, devant les Sénateurs la Ministre se faisait la porte-parole du n°1 mondial de l'acier. A une question du Sénateur mosellan, M. Todeschini, qui demandait le soutien de l'Etat aux revendications des syndicats et des salariés, Christine Lagarde, radieuse, reprenait les propos de L. Mittal : "les 595 salariés se verront proposer un emploi dans le Groupe". Notre Ministre a simplement oublié un détail mais quel détail ! On fait quoi, Madame la Ministre, des 600 autres personnes travaillant dans la sous-traitance ? Vous n'êtes pas leur Ministre, à eux ? Mais sait-elle au moins ce que nous demandons !? Toujours est-il qu'elle est à des années lumières de nos revendications. Nous parlons de projet industriel, de projet de vie, elle répond plan social, plan de fin de vie pour la vallée. Et tout çà, avec le sourire s'il vous plait.






Puis, toujours aussi radieuse, mais cette fois-ci avec virulence, le doigt pointé vers le haut comme une mise en garde, elle fait l'apologie de Monsieur Mittal. " N'oubliez pas que grâce à Mittal ces 1000 personnes ont eu du travail pendant 9 ans" trouve-t-elle utile de rajouter. Elle persiste à oublier les sous-traitants et tous les autres. On croit rêver, voilà maintenant qu'elle nous demande de dire merci à L. Mittal. Après Novelli, ce grand patron a une nouvelle alliée.






Taisez-vous, Madame Lagarde !!






Cette dame et son gouvernement ont décidé de ne pas nous aider. Soit. On en prend acte. Mais, alors qu'ils se taisent. Nous leur demandons cela comme un service. Qu'ils arrêtent de nous enfoncer encore un peu plus. A chaque fois que nous sortons la tête hors de l'eau pour reprendre un peu de souffle, ce gouvernement nous noie de nouveau. Que Madame Lagarde se contente d'exercer sa fonction de Ministre. Qu'elle défende l'intérêt de ses administrés, c'est le moins que l'on puisse attendre d'un représentant de l'Etat. Elle a été élue pour ça. Pour les experts en communication L. Mittal a déjà ce qu'il faut. A moins qu'elle réflechisse à un futur reclassement après sa vie politique (peut-être proche ?).






Alors, nous apprenons, aujourd'hui même, que le Président de la République recevra L. Mittal lundi 28 janvier à l'Elysée. Il devrait évoquer avec lui la situation de l'usine de Gandrange. Or, nous espérons de tout coeur que le Président ne se fera pas, lui, le porte-parole de la Ministre de l'Economie.




Mais, pour ne pas qu'il tombe dans les mêmes travers il faudrait qu'il reçoive, aussi, les syndicats. Ils pourraient lui expliquer le dossier. L'Elysée répond qu'il le fera, mais après. La date et les modalités restent encore à définir.






Il est fort à parier qu'il se "paiera un bain de foule" en venant à Gandrange. Mais çà, c'est une autre histoire. Si c'était le cas, l'accueil sera à la hauteur des réponses qu'il donnera sur le péron de l'Elysée. Pourvu qu'il ne croise pas Christine Lagarde ce week-end.


Affaire à suivre...


2 commentaires:

Yoyo a dit…

Christine LAGARDE...
a plusieurs reprises cette dame nous a bien fait comprendre qu'elle occupe un poste dont elle ne soupçonne même pas les enjeux! A croire qu'on (?) l'a plantée là pour faire joli dans le décors et, accessoirement, dire des conneries (cf. 1000 salariés de Gandrange et moi, et moi, et moi...)
Lintervention de Sarko devant un parterre de patrons indiens et son interpellation en direct de Mittal ont dû en faire rire (jaune) + d'un! Nul doute que dans les salons feutrés de l'Élysée, lundi prochain, il sera + question de gros sous que du devenir des salariés de Gandrange et des salariés des usines satellites...

"Bernard Fontana, DRH Groupe, a déclaré, à l'issue de la rencontre avec les syndicats, qu'il s'engageait à laisser le temps nécessaire à l'intersyndicale et à leurs experts de finaliser le contre-projet industriel et social alternatif. De plus, pendant la période d'examen du volet industriel, le plan social sera mis en suspend."

J'espère que c'est une victoire...le comportement passé et actuel des patrons et des financiers laisse tout de même planer un sacré gros doute...mais il faut bien s'accrocher à quelque chose pour continuer la lutte...

Courage!

Pat a dit…

Pour ceux qui n'ont pas vu la ministre Lagarde au Sénat, j'ai créé un juke-box sur dailymotion qui regroupe des extraits de JT de ces derniers jours. C'est par ici
voir le JT de France3 Metz du 24 01 2008.